13 avril 2008
D'où viennent... nos oeufs ?
Plus je m'intéresse aux personnes qui fournissent les ingrédients de ma cuisine, plus je réalise que les ingrédients "bio" sont bel et bien "issus de l'agriculture biologique" : Bien sûr, ce sont toujours des ingrédients obtenus sans engrais ni pesticides chimiques. Mais cela signifie surtout qu'ils viennent du travail concret de paysans passionnés, et s'inscrivent dans toute une filière de transformation et de commercialisation. Elle est bien distincte de la chaîne alimentaire industrielle dont on pourrait penser qu'elle a pris toute la place dans notre pays, que ce soit en bio ou en conventionnel d'ailleurs.
Il y a presque un mois maintenant, j'ai visité la ferme de la Chauvellière, d'où viennent les œufs bio de Touraine. Voilà pourquoi c'était passionnant : Cette ferme se trouve en quelque sorte à égale distance de l'élevage concentrationnaire des poules pondeuses en batterie, et de mon image mentale idyllique de la poule qui vit en liberté dans une cour ou un jardin...
Il se trouve que j'avais déjà visité cet élevage il y a quelques temps. J'ai souhaité y revenir : d'abord parce que j'avais été fascinée et impressionnée de voir les milliers de poules nécessaires à la fourniture de mes 6 œufs hebdomadaires. Ensuite, je voulais savoir pourquoi ces œufs-là ont ce goût-là, que j'aime particulièrement. Et enfin, parce que je savais que je serais bien accueillie !
Thierry Desplat n'est manifestement pas un agriculteur comme les autres : à la tête d'un élevage spécialisé de près de 6000 poules pondeuses (auxquelles s'ajoutent par périodes 2000 poulettes), il a fait le double choix de convertir en bio l'élevage de ses parents, et de rester indépendant de tout contrat avec un groupement d'achat : Ses œufs, il les vend lui-même aux commerces de la région et aux particuliers, dans de jolies boîtes jaunes à son nom.
Allez, suivez-moi à Manthelan, en cette fin d'hiver ensoleillée ! Nous allons à 35 km au Sud de Tours, entre Loches et Sainte-Maure, dans un paysage assez plat où se succèdent villages, champs en herbe à cette saison et petits bois.
L'entrée de la ferme est majestueuse : le portail ouvre sur une grande cour autour de laquelle sont disposés plusieurs bâtiments et la maison d'habitation. Tout autour : des champs, des séchoirs à maïs, une mare, des arbres et surtout les grands bâtiments rectangulaires et les parcs des poules.
Qu'est-ce qui a changé ici depuis la conversion de la ferme en bio ?
"Je n'ai gardé que les bâtiments. Tout le reste a changé" répond Thierry.
Des poules en plein air
Il n'y a pas si longtemps, ces grands bâtiments contenaient chacun 20 000 poules, dans des cages disposées sur quatre étages.
Mon propos n'est pas ici de vous parler en détails de l'élevage des poules pondeuses en batterie. Si vous souhaitez en savoir plus, allez lire ce site très accessible : www.oeufs.org. Je leur ai emprunté ce petit film que vous voudrez peut-être visionner, d'un élevage français typique, puisque 80 % des oeufs vendus en France viennent de ce genre d'usine.
L'élevage des poules en cages - www.oeufs.org
par pmaf
Ça devait donc ressembler plus ou mois à ça à La Chauvellière : cages exiguës, lumière artificielle et "fractionnée" pour optimiser le rendement des poules (2h de nuit pour 4h de jour, et ça recommence...)
Aujourd'hui, à la place des 20 000 poules dans le grand bâtiment, il y en a 4000, en deux "lots" de 2000. Et encore 2000 autres dans un autre bâtiment.
Le cahier des charges de l'agriculture biologique impose un maximum de 9000 poules par élevage, limite à laquelle se placent la plupart des éleveurs spécialisés.
Les poules peuvent librement circuler à l'intérieur du bâtiment, dont l'aménagement a été entièrement remplacé. Et elles peuvent sortir dans les grands parcs en plein air, ce dont elles ne se privent pas.
A l'intérieur des bâtiments
Avant d'entrer, Thierry frappe à la porte avant d'ouvrir : C'est ici que les poules dorment la nuit, qu'elles pondent le matin et qu'elles circulent dans la journée, en particulier pour manger et boire. La lumière y est principalement artificielle et le bâtiment est chauffé en hiver.
Ici, il y a du bruit et ça sent pas bon... Les fientes sont recueillies sous les grilles sur lesquelles se déplacent les poules. Et le grand nettoyage a lieu tous les 18 mois environ, lorsqu'un lot de poules est remplacé par un autre, de poules plus jeunes.
Objectif : recueillir tous les œufs dans les pondoirs (la partie la plus haute et la plus sombre, "douillette", de cette installation), et obtenir la même quantité d'œufs quelle que soit la saison, en évitant un creux en hiver, pour fournir des consommateurs habitués à manger des œufs toute l'année.
A partir de 10h, une fois que Thierry est sûr que les œufs du jour ont été pondus dans les pondoirs, il ouvre les petites portes des bâtiments vers les parcs : les poules peuvent alors entrer et sortir librement. A la tombée de la nuit, elles rentreront spontanément dans le bâtiment.
Près du bâtiment où les poules se sont déjà bien activées, l'herbe a pratiquement totalement disparu. Mais plus loin, au delà de la haie qui fleurit en ce moment, les surfaces sont bien enherbées. Une chose est sûre : l'herbe et les mystérieuses petites choses qu'elles picorent dans la terre font partie intégrante de leur vie de poule et de leur alimentation.
Ce qui ne les empêche pas d'être curieuses de mon appareil photo...
A ce stade, la différence avec l'élevage de poules pondeuses en cage est évident. Avec celui des poules conventionnelles "en plein air", elle est plus discrète : En bio, la densité maximale des poules dans le bâtiment est plus faible que pour les poules "élevées en plein air".
Par ailleurs, Thierry souligne la liberté que prennent certains avec l'obligation de laisser sortir les poules "le plus possible". Comment apprécier "ce plus possible" ? Question d'éthique, sans doute.
Dans les champs
Tout autour s'étendent 50 hectares de champs cultivés, auxquels pourraient bientôt s'ajouter 75 hectares supplémentaires.
Ils fournissent la presque-totalité de la nourriture des poules. En effet, dans l'élevage biologique, il est attendu "un lien au sol" , c'est-à-dire que les animaux (poules, vaches, etc.) doivent obtenir leur alimentation d'un pâturage direct sur la ferme et de la production des champs de la même exploitation. Un éleveur est donc aussi céréalier.
Même si la ferme a toujours été exploitée dans cet esprit (culture des champs conjointe à l'élevage), la conversion en bio a révolutionné les pratiques culturales.
J'ai retenu deux points essentiels :
- la diversité des variétés cultivées (non seulement maïs, mais aussi tournesol, féveroles, pois, luzerne, orge, etc.). La plupart de ces plantes entrent directement dans l'alimentation des poules :
Le maïs, malgré ses grandes exigences en eau en été, reste indispensable à l'obtention du beau jaune vif apprécié des clients.
Mais il est mélangé à bien d'autres plantes : Le tournesol fournit d'une part de l'huile, utilisée par Thierry comme agro-carburant pour ses tracteurs, et d'autre part des tourteaux donnés aux poules et qui contribuent certainement à la saveur goûteuse que j'apprécie de ces oeufs. Les légumineuses (féveroles, pois, etc.) ont un double intérêt : elles apportent des protéines végétales aux poules, et de l'azote au sol. Associées au fientes des poules, cette culture permet de prendre soin de la fertilité des sols sans apport d'engrais chimiques. - un assolement allongé : au lieu de faire se succéder sur un rythme intensif de deux ans le maïs et le colza dans ses champs, Thierry fait désormais tourner sur chaque parcelle des cultures très diversifiées, où le maïs ne revient que tous les 7 ou 8 ans. Cette succession de cultures de plantes différentes est un élément-clé du contrôle biologique des mauvaises herbes : les mauvaises herbes qui se développent pendant la culture du pois par exemple ne concurrenceront pas le maïs et vice-versa.
Une alimentation maison
Pour compléter l'alimentation de ses poules, Thierry achète aussi quelques compléments à l'extérieur : soja bio, apport minéral (carbonate et coquilles d'huitres), levure.
Avec tous ces ingrédients, il prépare chaque jour la tonne de nourriture dont ont besoin les poules. Les graines sont donc toujours fraichement broyées, ce qui serait impossible s'il devait s'approvisionner par camion complet de granulés à l'extérieur.
Cette nourriture fraichement préparée, c'est selon Thierry ce qui explique le meilleur goût de ses œufs.
Vaccins et les médicaments
Je vous l'ai dit, Thierry n'est pas comme les autres : il ne vaccine pas ses poulettes, mais ne connaît personne d'autre qui fasse comme lui. Il préfère rester très vigilant sur leur santé et leur donner de façon préventive ou curative des produits à base de plantes, censés renforcer leur immunité.
De même, aux deux traitements antibiotiques par an autorisés en agriculture biologique, il préfère un traitement brutal mais sans médicament : une fois dans la vie des poules, ils les met à la diète pendant une semaine, ce qui stoppe la ponte pendant un mois. Après ce jeûne imposé, elles "muent" : elles perdent leurs plumes (on en voit des traces au plumage des poules sur mes photos), puis reprennent des forces et retrouvent une santé et une vigueur nouvelles. C'est ainsi que Thierry garde de belles poules en bonne santé, qu'il peut valoriser à la revente lorsqu'elles deviennent trop vieilles pour lui et qu'il les vend vivantes.
La vie d'une poule
L'œuf ou la poule ? Tout commence au couvoir :
Il en existe une dizaine en France, qui appartiennent à trois sociétés d'accouvage, spécialisées dans les poules pondeuses. Comme les semenciers vis-à-vis des cultivateurs, ces entreprises constituent donc des fournisseurs très concentrés et incontournables pour les éleveurs.
Leur rôle dans la filière ? La reproduction des poules pondeuses et la vente de poussins d'un jour. Les installations ressemblent à un élevage de poules au sol, à la différence qu'on y trouve ensemble poules et coqs !
Leurs œufs sont récupérés, disposés dans d'immenses racks à l'intérieur d'armoires métalliques à température et humidité contrôlée, où ils sont "incubés" de façon automatisée. Quand ils éclosent, par dizaine de milliers chaque jour, les poussins sont "sexés", façon pudique de dire que les mâles sont écartés et tués, pour ne vendre que des poussins femelles.
En voici aussi quelques images trouvées sur les sites de plusieurs couvoirs français :
Les poussins que reçoit Thierry n'ont donc rien de "bio" : ce sont les mêmes poussins, de la même provenance et de la même souche standard que ceux des élevages conventionnels.
Depuis quelques années, Thierry a décidé de s'occuper lui-même de l'"élevage" des poulettes : il reçoit des poussins d'un jour, et les garde au chaud dans un bâtiment qui leur est réservé, avec un apport de lumière très contrôlé, jusqu'à ce que les poulettes atteignent quatre mois et demi environ.
A ce moment-là, il les transfère dans un bâtiment de ponte et les habitue progressivement à plus de lumière : elles se mettent à pondre. Une fois qu'elles sont habituées aux pondoirs, elles sont libérées en plein air.
Cette vie de poule pondeuse en plein air va durer environ 18 mois. Quand les poules atteignent l'âge de deux ans, elles font moins d'œufs et ces œufs sont très gros avec des coquilles trop fragiles. Elles sont alors "réformées" : soit vendues vivantes, soit conduites à l'abattoir, leur viande étant ensuite vendue à la ferme.
Cette durée de vie de deux ans est à comparer à 3 mois pour les poulets de chair ou un an de ponte (après quelques mois d'"élevage" des poulettes chez un spécialiste) pour les poules pondeuses conventionnelles.
En conclusion
Il est probable que vous aurez senti mon malaise vis-à-vis de l'élevage en général et du sort réservé aux animaux, en particulier au moment de leur naissance et à la fin de leur vie.
Je voudrais conclure pourtant en affirmant toute l'estime que je ressens pour le travail de cet agriculteur :
Chez Thierry Desplat, l'indépendance n'est pas un vain mot : c'est la commercialisation en direct de toute sa production ; C'est la préparation "maison" d'une alimentation de très bonne qualité pour ses poules ; C'est la production de semences sur ses terres, du moins pour une partie des variétés anciennes cultivées, qu'il ressème l'année suivante, en autonomie vis-à-vis des grands semenciers et des variétés hybrides ; C'est la liberté d'esprit de refuser les vaccins et les antibiotiques ; C'est même la culture du tournesol, qui fournit le carburant de ses tracteurs !
Quel courage il faut, je suppose, pour poursuivre le travail de ses parents tout en le modifiant aussi profondément, à l'écart de la filière agro-industrielle. Et pour résoudre l'équation économique en diminuant aussi radicalement le nombre de poules (de 40 000 à 6000)... et donc d'œufs !
EARL "L"oeuf bio de Touraine"
La Chauvellière
37240 Manthelan
Tel : 02 47 92 80 45
Vous trouverez ces oeufs, entre autres, chez :
Biocoop Salut Terre, Tours Nord
Coop Nature, Tours
Carrefour Les Atlantes, St Pierre des Corps,
Certains magasins de proximité de Carrefour (sous les enseignes Proxi et Marché plus), dans Tours Centre
Biolinet
"Marguerite" à la ferme laitière de La Lyonnière de Monnaie
et aussi dans
les paniers de l'AMAP Bio en Brenne
et ceux de Stéphane pour la région de Esvres - Tours Sud (tel. 06 09 32 84 97)
14 mars 2008
Petit salon bio pour les Tourangeaux
Si vous habitez Tours, vous serez peut-être tentés par la proposition d'un jeune couple de plombiers de Saint-Avertin, spécialisés dans le photo-voltaïque :
Samedi 14 mars et dimanche 15 mars
de 9h30 à 18h
- un petit marché bio (légumes, fromages, pain, oeufs, huiles de la région) ;
- des dégustations et ventes de tisanes et de gâteaux ;
- une démonstration de portage de bébés en écharpe et de couches lavables ;
- la présence d'un pépiniériste et d'un viticulteur de la région ;
- une exposition de meubles en carton d'une créatrice tourangelle ;
- et même une fiche explicative pour réaliser son four solaire en carton !
Tout ça a l'air très sympa... Nous nous y croiserons peut-être.
C'est chez All-Thermic, 41 rue de Cormery à Saint-Avertin.
Bon week-end.
23 février 2008
D'où vient... notre pain ?
C'était les vacances de février à Tours, et notre boulanger préféré nous a invités, mes enfants et moi, à venir "faire le pain"... et à lui poser toutes nos questions bêtes. Etes-vous prêts pour la visite ?
Ce que je connaissais jusqu'à présent de la Ferme des 3 buissons, c'était le stand du marché Velpeau à Tours : il me fournit un pain délicieux qui se conserve toute la semaine, et contribue beaucoup à ce que nous puissions nous alimenter avec des produits bio, locaux et sans nous ruiner : du pain semi-complet à moins de 4€ le kg, des farines variées (T80, seigle, sarrasin, petit-épeautre), une huile de colza pour laquelle je me damnerais et deux fois moins chère qu'une huile d'olive, des lentilles vertes pour lesquelles j'ai aussi une faiblesse particulière, et qui nous apportent des protéines végétales bien plus économiques que la viande.
Allez, en route pour la ferme, à Lunay. Ce n'est déjà plus vraiment la Touraine, mais plutôt la vallée du Loir, dans le Loir-et-Cher, entre Montoire et Vendôme. Dans le brouillard du matin, la route était longue et belle.
Les derniers virages au milieu des bois nous ont menés dans la cour de la ferme. Les poules se sont cachées, les enfants de la maison étaient encore bien au chaud. Emmanuel Leroux est tout de suite sorti du fournil pour nous accueillir.
Ensuite, avec une disponibilité et une générosité rares, il nous a guidés à travers nos activités de la journée :
Nous avons "fait le pain". Les enfants d'Emmanuel ont l'habitude de voir des groupes d'enfants participer à ces animations, et ils connaissent bien les réponses aux questions de leur père. Mais ils nous ont gentiment laissé observer et réfléchir : de quelle la couleur est la farine ? Et son goût ? Comment est fait ce grain de blé ? Et si tu croques, qu'est-ce tu vois à l'intérieur ? Et le pétrin : peux-tu faire son mouvement avec les bras ?
Albin était enthousiaste, et depuis, il a passé le reste de ses vacances à malaxer de la pâte à modeler en reproduisant scrupuleusement les gestes que nous avons appris. Félix, lui, gardait ses distances. Il a quand même accepté de marquer le F de "son" pain avec des grains de blé pour qu'il reste visible après la cuisson. Inutile de dire comme il était fier de le goûter le soir à la maison. Je n'avais jamais mangé de meilleur pain non plus !
La fabrication du pain
Nous avons suivi Emmanuel au fournil, au fil des rendez-vous de la journée : deuxième pousse, préparation du four à bois, enfournement, défournement, préparation des commandes...
La fabrication de la pâte à pain et le pétrissage, nous ne les avons pas vus, et pour cause : ils avaient commencé à 5 heures du matin !
Pour partager le souvenir de la chaleur du four et des odeurs
de pain mis à lever ou à cuire, quelques photos du fournil...
Voici les pétrins et le parisien, ce grand meuble qui permet de mettre les pâtons à l'abri pour les laisser reposer LONG-TEMPS... Le pain au levain gonfle tout doucement, par fermentation naturelle. C'est un processus beaucoup plus lent que la fabrication de pain à la levure de boulangerie, tel qu'il est fabriqué dans les boulangeries conventionnelles. Il faudra pratiquement toute une journée avant que le pain, pétri au petit matin, sorte du four en fin d'après-midi, pour être vendu le lendemain au marché.
En plus, ce matin-là, il faisait un petit trop frais au fournil, et il a fallu accorder encore quelques heures au pain, en activant le poêle à bois...
Ensuite, il faut préparer le four. C'est le four de la ferme familiale depuis des générations : Un four traditionnel à bois, dans lequel Emmanuel fait brûler du chêne non traité, qui vient d'une scierie voisine spécialisée dans le bois pour la fabrication de tonneaux.
Le feu est allumé directement sur la sole, pour le faire chauffer avant la cuisson.
Ca y est : les pâtons sont bien gonflés : ils dépassent des corbeilles et des moules !
C'est le moment de les enfourner.
Emmanuel finit de préparer son four : il retire toutes les braises et les cendres, et passe un coup de toile mouillée à l'intérieur du four, pour donner un "coup de buée".
Quand il est éclairé, le four est maintenant blanc et propre.
Et c'est parti : les pains sont sortis du parisien et placés au fond du four, les uns après les autres, dans leur moule.
Les pains non moulés sont cuits à même la sole, légèrement saupoudrés de son de blé, pour ne pas attacher.
Avant même la cuisson, les grignes laissent voir une mie bien aérée. Pas de doute : cette fournée sera parfaitement réussie. Ca valait la peine d'attendre.
Une heure plus tard, les pains seront défournés et enveloppés d'un linge le temps de refroidir.
Et la farine, d'où vient-elle ?
Direction les hangars, qui cachent ici un matériel impressionnant, mystérieux et potentiellement bruyant ! Nous avons compris comment le grain est déchargé dans une fosse après la moisson, puis aspiré vers le silo. Si je ne me trompe pas, c'est de là qu'il peut repartir vers une machine qui nettoie le grain en triant le gros grain (celui qui donnera de la farine) du petit grain (qui est donné aux poules).
Pour éviter les invasions de charançons, le silo est vidé en hiver, pour faire baisser la température du grain, avant d'être à nouveau rempli.
Un peu plus loin, le grain est transformé en farine sur une meule de pierre : le grain entier est écrasé, ce qui donne une farine intégrale, qui est ensuite tamisée pour être transformée en farine semi-complète. Le tamis laisse passer la farine, et retient deux moutures de son : du petit son, qui peut être réintégré dans la farine pour la rendre "complète", et du plus gros qui est utilisé comme nourriture pour les animaux.
Cette farine semi-complète sur meule de pierre a une meilleure valeur nutritionnelle que la farine blanche. La farine semi-complète contient en effet une partie de l'enveloppe du grain (protéines, fibres, minéraux) et son germe (lipides). En revanche, elle ne peut se conserver longtemps ; elle risquerait de rancir. Ici, la farine est moulue chaque semaine en vue de la préparation du pain.
La mouture sur cylindres de l'industrie meunière, fait passer les grains entre plusieurs cylindres cannelés, de plus en plus resserrés, ce qui abrase totalement l'enveloppe du grain et sépare le germe. Cette technique est plus rapide, adaptée aux grandes quantités, et donne une farine blanche, qui se conserve longtemps. En revanche, cette farine blanche ne contient que de l'amidon, et est pauvre en goût et en nutriments.
Emmanuel souligne la différence entre ce procédé de fabrication, typique de l'agriculture biologique, et celui habituellement utilisé par les boulangers conventionnels. Pour obtenir une farine semi-complète ou complète, ces derniers utilisent en général de la farine blanche obtenue sur cylindres, à laquelle on rajoute du son de blé conventionnel. Or, c'est justement le son qui contient les résidus de pesticides éventuels. Dans ces conditiosn, pas sûr que le pain complet soit meilleur pour la santé.
Voici, pour finir cette visite, un petit compte-rendu de ce que j'ai retenu des réponses d'Emmanuel à mes questions désordonnées...
Derrière le boulanger, se cache un agriculteur en polyculture
Paysan-boulanger, c'est ainsi qu'on désigne souvent ces agriculteurs qui cultivent eux-mêmes les céréales, les stockent et les transforment en farine, avant de fabriquer leur pain et de le vendre.
Mais les cultures pratiquées sur la ferme sont loin de se limiter au blé. Les 3 personnes qui travaillent à la ferme sont à la fois occupées à la fabrication et à la vente du pain, mais aussi à la culture de légumineuses (lentilles), de crucifères (moutarde, colza), de tournesol, et de prairies, qui fournissent du foin à un petit troupeau de vaches allaitantes (et aux élevages voisins). Viennent parfois s'y ajouter quelques porcs.
Quant aux poules qui courent si vite, elles viennent d'un élevage bio voisin prendre une retraite paisible ici...
Finalement, les céréales, principale culture visible pour le consommateur, n'occupent, en rotation, qu'une part minoritaire des terres de la ferme.
L'agriculture bio, ce n'est pas qu'une question d'engrais et de pesticides...
Habituée à voir l'agriculture biologique définie comme une agriculture "sans engrais ni pesticides de synthèse", j'avais prévu d'orienter mes questions sur les moyens biologiques de fertilisation et de lutte contre les nuisibles.
En fait, cela ne correspond pas à la définition qu'Emmanuel en donne.
Son objectif est de maintenir l'équilibre entre le sol, les animaux, les hommes, les éléments (eau, soleil, vent) présents sur la ferme, considérée comme un "organisme agricole". Son travail consiste donc à élever des plantes en veillant à ce qu'elles trouvent les conditions optimales pour pousser naturellement.
Et ça change tout ! L'agriculture biologique n'est plus une question de lutte contre des nuisibles, mais devient une "approche agronomique" globale, dans laquelle certaines techniques culturales prennent tout leur sens :
- La rotation sur 5 ans des cultures : les cultures ne sont pas envisagées seulement pour leur récolte et leur utilisation marchande (du tournesol et du colza pour l'huile, des céréales pour le pain, etc.) mais pour leur rôle dans la bonne santé des sols.
Ainsi, les prairies (présentes sur chaque parcelle pendant 2 ans et demi sur les 5 que dure la rotation) développent un "racinaire" qui structure le sol et favorise la présence de vers de terre. Les légumineuses apportent de l'azote au sol. Les crucifères nourrissent le sol en azote et en carbone. D'ailleurs, la moutarde n'est pas récoltée mais simplement restituée au sol (par fauchage ou sous l'effet du gel). J'ai un peu eu l'impression que cette délicieuse huile de colza (pour laquelle je me damnerais ; goûtez-là si vous habitez Tours !) n'était qu'un sous-produit de la culture du colza, principalement destinée à entretenir le sol.
- Les engrais verts ou "dérobés" : Vous l'avez compris, le fumier issu de l'élevage de la ferme et les préparations biodynamiques à base de compost ne représentent qu'une partie des mesures de fertilisation. Les cultures de crucifères en hiver mettent le sol en condition pour des semis de printemps (tournesol, lentilles, sarrasin). De même, le blé peut-être semé en même temps qu'une autre plante, qui sert d'engrais vert : celle-ci pousse "à couvert" du blé, puis offre une prairie aux vaches après la moisson.
- Les nuisibles ? Les attaques d'insectes ne semblent pas vraiment préoccuper Emmanuel. Son père déjà, qui avait pris la décision de reconvertir la ferme en agriculture biologique, a planté des haies tout autour des champs, pour attirer une faune sauvage diversifiée. Emmanuel, lui, surveille par exemple la présence des faucons crécelles. Ils signalent que la population de chauve-souris et de petits animaux de toutes sortes est suffisante pour réguler la présence des insectes.
Au contraire de la culture intensive, qui vise des rendements presque deux fois supérieurs aux siens et où chaque aléa est préjudiciable, ici, les plantes semblent moins fragiles à la sécheresse par exemple, et moins attractives pour le puceron du blé, qui préfère les champs riches en engrais...
- Et les mauvaises herbes ? Emmanuel m'a expliqué la technique du "faux semis" : Avant les cultures de printemps (par exemple le sarrasin que l'on peut semer en mai seulement), le sol est mis en condition pour faire germer trois fois les adventices, qui sont ensuite fauchées. Ce procédé affaiblit suffisamment les mauvaises herbes, pour en protéger la culture qui prend place ensuite.
Mais certains aléas climatiques (en particulier l'humidité, comme celle exceptionnelle de l'été dernier) représentent un risque pour une partie des cultures : l'année dernière, la vesce a envahi les champs de blé, rendant la moisson difficile. Et les lentilles n'ont pas pu être récoltées du tout.
Une histoire de l'azote
L'approche biodynamique de l'azote : nourrir le sol pour
rendre disponibles pour les plantes les éléments qui y sont présents.
En comparaison, l'apport d'engrais azoté de synthèse, sous forme solide ou
liquide, directement au pied de la plante, s'apparente à un apport "en
intraveineuse".
Emmanuel m'offre une petite histoire de l'azote, soulignant les liens entre l'histoire de l'agriculture, celle de l'industrie chimique, et celle des explosifs. Voilà qui rejoint justement pour partie ma lecture du moment : Pesticides, révélations un scandale français, de Veillerette et Nicolino.
L'apport d'azote minéral comme engrais a été découvert par des ingénieurs agronomes anglais dès le XVIIIe siècle. Depuis, l'industrialisation de la production d'engrais est largement liée à celle de la chimie militaro-industrielle : C'est la même synthèse chimique d'ammoniac qui permet la fabrication de nitrates pour l'agriculture et pour les explosifs. Ces deux productions sont donc intimement liées sur le plan industriel. Ainsi, ce sont des engrais chimiques que fabricait l'usine AZF qui a explosé à Toulouse, sur le site de l'ancienne Poudrerie Nationale.
Aujourd'hui, avec la fin de l'ère du pétrole et l'explosion du prix de l'azote, Emmanuel prédit la fin de la période historique de l'azote chimique en agriculture, au profit d'une agriculture plus durable.
Semences et variétés : une histoire de famille, d'autonomie, de recherches et... d'aléas climatiques
On trouve ici plusieurs céréales : blé tendre, épeautre, seigle, petit-épeautre, ainsi que du sarrasin. En ce qui concerne le blé, il est cultivé en 7 variétés : des variétés présentes sur la ferme depuis plusieurs générations, des variétés modernes qui appartiennent aux plus courantes en France, et enfin des variétés récentes développées en Allemagne spécialement pour l'agriculture biologique.
Les variétés anciennes de céréales (blé, mais aussi seigle, épeautre, petit-épeautre) apportent saveurs et intérêt nutritionnel au pain. D'un point de vue cultural, ces plantes développent un racinaire plus développé, ce qui les rend plus "dynamiques". Mais leurs grains doivent être décortiqués avant d'être moulus, contrairement au blé tendre qui est "nu".
Je signale, en comparaison, que 3 à 4 variétés de blé couvrent 60 % de l'assolement en blé en France.
Les semences sont entièrement issues de la récolte de l'année précédente, ce qui demande un travail de tri et de stockage pointilleux et permet une plus grande autonomie de la ferme.
Au fil des années, Emmanuel a exploré plusieurs voies, pour trouver un compromis entre diversité cultivée, résistance des variétés, et facilité du tri des semences : séparer strictement les variétés, ou mélanger celles qui parviennent en même temps à matûrité. Les aléas climatiques l'ont conduit cette année vers les solutions les plus pragmatiques.
Une expérience et un patrimoine
Pour conclure, j'aimerais dire comme j'ai été impressionnée de trouver tout ce patrimoine à la fois d'expérience professionnelle et d'équipement, réuni sans doute au fil des années par Emmanuel Leroux, et avant lui, par son père et ses grands-parents. Il n'y a pas que des tracteurs, mais tout un équipement qui assure l'autonomie de la ferme : le silo et les machines d'entrainement et de tri du grain, la meule et le blutoir, la machine qui trie les lentilles, le dynamiseur de préparations biodynamiques, les pétrins, etc. Et il n'y a pas que le savoir-faire traditionnel de la fabrication du pain, mais aussi une recherche permanente sur les techniques de culture, la place de l'élevage, le tout visant une agriculture biologique "productiviste" qui ne déséquilibre pas les équilibres naturels.
Un grand merci à Emmanuel, à Rozenn et à leurs enfants pour leur accueil.
Pour retrouver La ferme des trois Buissons sur les marchés de la région :
Le vendredi à Vendôme
Le samedi à Montoire
Le dimanche à Tours, place Velpeau (en face du Café du marché)
Pour acheter à la ferme :
Tel : 02 54 72 02 17
Le vendredi de 15h à 18h (sur commande)
Le samedi de 15h à 18 h
Pour séjourner au gîte ou organiser une animation avec un groupe d'enfants : voir Bienvenue à la ferme
22 février 2008
Où trouver du bio en Touraine ?
Bio-Centre (association représentant les acteurs de la filière bio dans la Région Centre) et le GABBTO (le Groupement des Agriculteurs biologiques et biodynamiques en Touraine) mettent des cartes à disposition sur leurs sites. Vous pourrez y trouver les adresses des producteurs et distributeurs de la filière bio dans la région Centre ou plus particulièrement en Touraine :
La carte de la région Centre, avec la liste par département des agriculteurs qui vendent à la ferme, des marchés, magasins, paniers, etc. 
La carte des AMAP dans la région Centre, remise à jour, avec un carnet d'adresses et toutes les coordonnées
La carte des points de vente de produits biologiques en Indre et Loire (jolie mais moins pratique, parce qu'on n'y retrouve pas les adresses) :
20 janvier 2008
A Tours, cycle "Santé & alimentation" à l'UPT
Décidément, Tours est le lieu de conférences sur l'alimentation en ce début 2008.
Après l'iehca, c'est l'Université pour Tous qui organise un cycle "Sciences" sur le thème "Santé & Alimentation" :
Nourrissez votre esprit...
Pour afficher le programme en grand, cliquez sur l'image ci-dessous ou allez sur leur site.
A Tours, le Forum alimentation et culture
L'iehca, 'Institut Européen d'histoire et des cultures de l'alimentation programme des conférences, rencontres et dégustations de janvier à mars 2008.
Je cite la petite plaquette : "Le Forum s'adresse à tous ceux qui sont convaincus que la cuisine et la table sont des espaces socioculturels fondamentaux pour toute civilisation, et singulièrement pour la nôtre. Longtemps méconnus, ces nouveaux champs de rélfexion méritent d'être plus étudiés, mieux analysés, davantage débattus et leur connaissance largement diffusée. Le Forum, en effet, est un espace d'échanges, de dialogues et de rencontres qui vise à diffuser le plus largement possible la culture scientifique."
Parce que je suis allée aux Rencontres François Rabelais 2007, également organisées par l'iehca, et que j'ai eu des remords ensuite de ne pas les avoir annoncées sur mon blog (Quel manque d'à propos ! )...
voici les dates des cafés gourmandes et autres rencontres du 1er trimestre 2008 (cliquez sur l'image pour l'agrandir) :
08 décembre 2007
Manger local : et mon frigo ?
La semaine dernière, j'ai assisté au Forum "Le bon produit existe-t-il ?" de l'IEHCA à Tours. En clôture de ce forum, nous avons vu We feed the World, le film documentaire d'Erwin Wagenhofer, qui met très crûment en évidence les aberrations de l'industristrialisation et de la mondialisation de l'agriculture.
Ce film m'a durablement choquée, alors même que je me considèrais comme bien informée et avertie sur les enjeux sociaux et environnementaux de notre alimentation.
Je vous le recommande. Sa vision dispense de bien des discours sur la nécessité de manger bio et local, et de réduire sa consommation de produits animaux.
Du coup, je regarde mon frigo d'un nouvel oeil critique...
C'est tout bio, d'accord. Mais local ? Il faudrait faire subir une révolution à notre alimentation familiale pour ne manger que des produits de la région, ou au moins produits en France,... ou en Europe,... ou de ce côté de la mer...
Etagère du haut ?
<<Californie, c'est fini...>> ! Je cherche désormais une source provençale et bio pour mes amandes. Les noix de cajou crues font partie, avec le thé, le café, le chocolat et les bananes des aliments exotiques que l'on trouve (encore ?) dans ma cuisine. Nous avons fortement réduit leur consommation ces derniers temps. Point d'interrogation.
Etagère du milieu...
Du côté des produits laitiers ? Que ce soit au lait de vache ou au lait de soja, je fais presque tout moi-même désormais, à partir de lait bio d'ici ou de soja du Sud-Ouest. Mais pas le comté adoré de mes enfants !
Il reste le beurre, que nous utilisons des tartines du petit déjeuner. Je n'ai pas trouvé de beurre bio en Touraine. La production de beurre est hautement concentrée par quelques grosses entreprises. Et à moins d'habiter en Normandie ou peut-être en Bretagne, le beurre que nous achetons a dû parcourir une bonne part des neuf mille kilomètres du fameux pot de yaourt aux fraises.
C'est ma dernière barquette de tofu soyeux allemand ! Tant pis si le mien n'a pas tout à fait la même allure...
Etagère du bas ?
Le riz, ma céréale préférée ! Lui non plus, ne sera jamais tourangeau... La Coop de Tours s'est mise au riz de Camargue : je vais en profiter. Pour remplacer le lait de riz Lima, produit en Belgique à partir de riz italien ? Quant aux galettes de riz Bioryza, comme souvent pour les produits travaillés, l'origine du riz n'est pas précisée... Je sais faire le lait de riz, mais pas les galettes.
Finalement, il n'y a que le bac à légumes qui soit <<vraiment local>>.
Les petites douceurs luxueuses de la portière...
Alors là, ça part dans tous les sens, du chutney maison aux petits pots japonais bizarroïdes, genre miso et purée d'umeboshi.
Là non plus, l'étiquetage ne suffit pas : d'où viennent l'huile, la moutarde, etc. de la <<moutarde de Dijon>> de Vigean, notre excellent fournisseur régional d'huiles ? Pas d'autre moyen que de lui poser la question.
Les olives viennent du Maroc en passant par le sud de la France pour faire plus chic ; le pot de câpres au vinaigre est allemand (mais les câpres, ça m'étonnerait !) ; le sirop de safran vient du Quercy en passant par Paris, le vinaigre balsamique de Modène en Italie ; la confiture de poires est de la région nantaise (mais pas le sucre à l'intérieur...).
Toutes ces régions dans ma porte de frigo, c'est à la fois magnifique et effrayant.
J'ai commencé à envoyer des mails à toutes mes marques préférées pour connaître l'origine des ingrédients, mais je vais devenir folle si je commence à me demander par quel circuit les produits sont arrivés à Tours, et d'où viennent les emballages, etc. Ca me ramène à mes lointaines études, et aux premières et très imparfaites tentatives d'éco-bilan (au début des années 90).
Bref, pour me sauver de la folie qui guette, il n'y a pas d'alternative : Me pencher encore et toujours sur les merveilles de ma nouvelle région ! A suivre...
Merci de m'avoir lu dans mes délires exhibitionnistes du jour. Si le déballage de frigo vous plait, allez voir la belle série de Vertsoleil et "Dans mon frigo, il y a..." pour un tour de France indiscret.
Tout à fait passionnant et riche d'enseignements pour mon propos du jour, allez voir aussi les photos du livre "Hungry planet", chroniqué par Le bout du monde.
J'attends vos commentaires avec intérêt pour alimenter cette réflexion qui ne fait que commencer.
21 octobre 2007
Où trouver du bio à Tours
Voilà deux ans que j'habite à Tours (quartier Velpeau) et un an et demi que j'ai écrit la première version de cet article. Comme moi, il a (un peu) vieilli : certaines informations méritent une mise à jour.
J'ai quelques nouveaux cheveux blancs (tiens, il faudrait aussi que je songe à changer la petite vignette de ma trombine dans la colonne de gauche de ce blog !), mais j'ai aussi quelques nouveaux tuyaux à vous transmettre.
Voici mon carnet d'adresses, qui a mis quelques temps à s'étoffer, et pourrait servir à d'autres nouveaux arrivants (faites-moi signe si vous êtes tourrangeau et que le coeur vous en dit !) :
Les produits alimentaires
- Coop Nature
C'est tout simplement la bonne vieille coop qui est devenue mon fournisseur quasi exclusif pour les produits de base. Des prix bas (à condition de ne pas se laisser tenter par tout un tas de trucs pas indispensables) ; Un choix que je n'ai jamais vu ailleurs (bonne surprise pour une ville de cette taille) : des produits alimentaires, cosmétiques, d'entretien, des livres, des vêtements, des cours de cuisine, une bibliothèque, etc. etc.
Et une ambiance très sympa, malgré le décor très "nature" -pourquoi faut-il que le bio soit moche... :-(
C'est une vraie coop, on peut donc devenir sociétaire en achetant des parts. La direction et la gestion sont en partie assumées par des bénévoles. Quelle réussite.
Je connais seulement le magasin du 17, rue Chalmel. Il existe un autre magasin à Tours Nord.
"NEW" La coop fait sa révolution, et planche actuellement sur une mise en avant des produits locaux. Il me semble qu'on commence déjà à voir les fruits de ce travail dans les rayons. Par exemple, le riz du vrac vient maintenant de Camargue. Un grand chantier à suivre !
- Biocoop Salut Terre
98 rue Méliès (regardez bien le plan avant de vous aventurer à Tours Nord). Une fois qu'on connait le chemin, c'est très rapide d'accès depuis la sortie d'autoroute Ste Radegonde. Mais il faut prendre la voiture... Pas très écolo tout ça, quand il y a la Coop Nature à portée de poussette ou de vélo.
Un magasin tout neuf et calme, avec un très beau rayon de vrac. Une carte de fidélité permet d'obtenir 5% de réduction (5 euros pour 100 euros d'achat, à déduire de l'achat suivant, ce qui fait un peu moins de 5% en fait).
"NEW" J'ajoute aujourd'hui que j'apprécie la régularité de l'accueil, toujours impeccable. Et l'assortiment, très efficace : on ne trouve pas toutes les marques, mais l'essentiel, avec en plus, quelques niches très bien exploitées. Du coup, c'est très facile de s'y retrouver et rapide de faire ses courses.
C'est devenu le seul magasin où je trouve régulièrement les Oeufs bio de Touraine (Manthelan).
- Marché Velpeau (jeudi et dimanche matin)
Patrick Couté, producteur de pommes de St Paterne Racan (Les jardins de la Bretêche) vend sa production (pommes, jus, confitures, pommes de terre) et des légumes variés de producteurs locaux ou autres. (C'est à lui, le bel étalage de pommes de la photo !)
Je n'achète du pain bio à Velpeau que le dimanche (C'est parfait : il se conserve longtemps !).
Le stand de pain de la ferme Les Trois Buissons du Loir-et-Cher (devant la Banque Populaire), vend aussi des lentilles, des huiles de tournesol ou de colza exceptionnelles (par leur goût !, à découvrir vraiment), et bien sûr de la farine bise et d'autres céréales, le tout de sa production.
Au milieu du marché, le stand de pain de Richelieu (c'est mon préféré).
"NEW" J'ai trouvé les yaourts "Marguerite" de la Ferme Delmotte, chez une crémière qui est là le jeudi et le dimanche.
Et allez, j'insiste encore sur les huiles de la ferme des Trois buissons : ma fidélité ne se dément pas.
- Marché Heurteloup (mardi matin)
"NEW" Le stand du pain bio de la Licorne a disparu, mais pas le pain ! Il est déposé chez l'apicultrice. Y a qu'à demander...Toujours cher et délicieux.
- Marché Beaujardin (le samedi matin)
"NEW" J'ai exploré les richesses de ce marché, concentrée mais efficace : plusieurs maraichers, du lait et
du fromage de vache et de chèvre, du pain, des poules et des oeufs, des
pois chiches, bref, on trouve plein de producteurs bio de la région
dans un espace bien identifié (du côté des arrêts de bus).
Pour nous, ça vaut (presque) le déplacement !
- Carrefour (Centre commercial des Atlantes à Saint Pierre-des-Corps)
En plus du rayon bio, je signale en passant les oeufs bio de Touraine, les yaourts et fromages blancs de La Marguerite, que l'on peut trouver au rayon "Touraine".
Attention aux prix : Carrefour exploite très intelligemment le créneau : à côté de produits d'appel comme le lait de soja ou le lait de riz, les produits élaborés du rayon bio (genre tisane en sachets, muesli, etc.) sont beaucoup plus chers que des produits équivalents à la coop. Ou encore, le café Max Havelaar est rangé au rayon café, et les cafés "équitables" du rayon bio sont vendus beaucoup plus chers.
On trouve aussi du PQ recyclé, des lessives et produits d'entretien "verts", et même du coton biologique au rayon vêtements femme.
"NEW" Je n'y vais pour ainsi dire plus, donc je n'ai pas d'informations récentes. Leur essai de vêtements en coton biologique a été abandonné à ma connaissance. C'est dommage.
- La vie claire
Le magasin, agréable et spacieux, donne sur la place Beaujardin. Un rayon de produits secs en vrac intéressant en variétés et niveau de prix. Beaucoup de produits La vie claire, parfois au détriment d'une offre moins onéreuse.
"NEW" J'ai retiré mon paragraphe sur le personnel méfiant, parce qu'il m'a semblé plus détendu à mes quelques derniers passages (peut-être que c'était moi qui étais méfiante ?). Je ne vais à ce magasin qu'en dépannage quand je passe au marché Beaujardin, parce que le niveau de prix est vraiment plus élevé qu'à la Coop Nature.
- La boulangerie Mahou
Plusieurs magasins dans Tours (Halles, Tours Nord), dont un près de chez moi, dans le quartier Blanqui.
- Jardins de contrat
C'est une association d'insertion, adhérente du réseau Cocagne, qui fournit des paniers de légumes bio à ses adhérents, toute l'année, sur une vingtaine de points de dépôt en Touraine... dont un Place Velpeau !
Tel 02 47 30 05 56
"NEW" Leur site, avec des infos rares sur le maraîchage biologique et la traction animale.
- Valeurs en plus
71, rue Colbert 02 47 61 65 94, juste à côté de la boutique Artisans du Monde !
Ce magasin distribue des vêtements et des accessoires "équitables" et/ou en matières bio. Le choix s'étend sans cesse. On y trouve tous les niveaux de prix dont certains sont abordables.
- Acheter à la ferme
Trouver vos adresses dans une brochure très pratique :
"Manger bio en région Centre",
qui recense, département par département, les producteurs, les artisans
et magasins, les marchés où l'on trouve des produits bio.
Il
y a maintenant à ma connaissance trois AMAP en Indre-et Loire
(Chédigny, La Salle à Rivarennes et Bio en Brenne), en plus des Jardins de contrat
(Jardins de cocagne).
Vous trouverez leurs coordonnées sur la Carte des AMAP de la région Centre.
Si vous souhaitez comparer le fonctionnement des AMAP et celui des Jardins de cocagne, je vous renvoie à mon article sur les paniers de légumes bio.
- Quelques adresses ailleurs en Touraine :
Je ne les connais pas mais sont ils engagés dans le bio, ailleurs dans le département :
Pauline de Biolinet,
a pris contact avec moi pour proposer 5% de réduction sur ses paniers
de fruits et légumes bios, aux personnes qui se recommanderaient de mon
blog. Vous pouvez contacter Pauline sur son site.
"NEW" Le Feu à la cave, cave à Montbazon, et site internet, de Laurent, caviste alternatif et bio.
Des produits bio non alimentaires
- Couches lavables :
Le réseau Laudamay dispose d'une "maman-conseil" à Tours. Vous pouvez la contacter à l'adresse ci-dessous, lui demander conseil et profiter de frais de livraison diminués.
Mail : fr37@laudamay.com
Plusieurs possibilités désormais de les acheter en magasin à Tours : Biocoop à Tours Nord propose une gamme simple et bon marché venue de Belgique et d'Allemagne.
Coop Nature vend les couches d'une tourangelle, Colibri Nurserie.
- Futons, couettes et linge de lit :
On trouve la gamme Futaine chez Espace Futons - Cosmétique :
Si vous me connaissez, vous savez que ce n'est pas mon point fort...
Mais je signale que la boutique Onaturel de la rue de la Scellerie est aussi le siège d'un site de vente en ligne. Un choix plus grand que dans les magasins bio, en particulier pour le maquillage. Et un accueil exceptionnellement charmant et serviable.
31 rue de la Scellerie
37000 Tours - Matériaux de construction :

et leur site intéressant, avec un peu de documentation, ici.
C'est pas bio, mais c'est écolo, et c'est pas cher !
Acheter d'occasion
- Le super vide grenier de la place Velpeau : premier week-end de juin, à vérifier !
- Les ventes à ne pas rater, organisées par VIOCC (Velpeau Interactif Organisation Culturelle et Conviviale) à l'école des Abeilles : bourse aux jouets d'occasion en novembre, artisans et artistes du quartier en décembre, bourse aux vêtements au printemps. Suivre l'affichage dans le quartier...
- Dépôts-vente femme et enfants
Nulle part ailleurs, 3 rue Mirabeau
Téléphoner avant, les horaires d'ouverture sont assez spéciaux : 02 47 20 07 32
- Dépôt-vente puériculture
Fée des bulles, 83 rue Colbert
Tel 02 47 20 23 69
http://www.feedesbulles.fr/
Vient d'ouvrir, joli comme tout !
- Dépôt-vente femme et homme
Mélusine, 8 rue Chalmel, juste en face de Coop Nature
Tel 02 47 64 81 36
- Insertion par le vêtement
A l'angle de la rue Edouard Vaillant et de la Rue du Champ Joli
Vous pouvez donner vos vêtements en très bon état. Cette association emploie des femmes en insertion professionnelle, qui trient et revendent à prix mini dans la boutique. La vente est ouverte à tous.
Réparer, transformer
- Couturière rue Michelet
D'une grande gentillesse, et pas cher du tout
Kadimi Najida, 81, rue Michelet (juste à côté de Coop Nature), Tel 02 47 60 92 17
- plus chic et plus cher, très pro : Retouches Vinci, 43 r Bernard Pallissy, Tel 02 47 75 03 99
- Pièces de rechange pour électroménager
chez ECM, 43 rue André Malraux Tel 02 47 05 77 78 - Pièces et réparation des vélos
Détours de Loire, 35 rue Charles Gilles
Vélomania, 109 rue Colbert
Cycles Genty, 35 pl Gaston Pailhou
N'hésitez pas, et continuez d'utiliser les commentaires pour faire circuler vos infos et vos bonnes adresses !
15 octobre 2007
"Alimentation végétarienne et santé"


C'est le thème d'une conférence qu'André Méry, président de l’Association Végétarienne de France, tiendra à Tours, le samedi 20 octobre.
À 17 h au restaurant « Le Vietnam », 28, rue Édouard Vaillant à Tours.
Dîner possible ensuite dans ce restaurant.
Réservations indispensables (places limitées) pour la conférence et pour le dîner auprès de Françoise : 02.47.56.79.47 ou contact@degenne.fr
16 septembre 2007
Dimanche bio en Touraine
Mieux vaut tard que jamais pour transmettre aux tourangeaux quelques infos, sur ce dimanche bien chargé !
J'ai déjà parlé de Convergences bio, un marché bio organisé toute la journée au pied du Pont Wilson.

J'ajoute que Peuples solidaires y sera présent. L'association produit des pommes de terre bio en Touraine, pour soutenir la campagne Janadesh.
Sur le stand, on pourra acheter des pommes de terre, et surtout en commander. Et aussi déguster de la tarte à la pomme de terre et à la pomme, et des "petits solidaires", friandise à la pomme de terre, au miel et à l'orange.
Biolinet m'a aussi transmis des informations concernant les 3emes Portes Ouvertes aux Loges de la Folie, à Montlouis-sur-Loire :
Il fallait s'inscrire pour participer cet après-midi aux vendanges et assister à la presse. Donc j'ai peur qu'il soit trop tard.
Mais vous pouvez visiter le domaine en bio, déguster leurs vins de Montlouis et autres, et visiter les caves. Elles seront décorées par des artistes (Laurence Couvreur, Anne Luneau), et animées par Nicolas Petit, luthier et Sébastien Adan, Archetier.
Enfin, Pauline de Biolinet sera présente avec ses paniers. Ainsi que Sylvie Girard avec son Atelier des noix. Et des crêpes sucrées et spécialités tourangelles bio seront proposées.
Nous ne pourrons pas être partout à la fois... D'autant que pendant ce temps-là, les Journées du patrimoine mettent en avant l'architecture contemporaine à Tours, avec une exposition des maquettes collectionnées par le FRAC Centre, dans les agences des architectes de la ville !
Allez, bon dimanche !






















