L'année 2012 commence pour moi sur fond de recherche d'un nouvel appareil photo. L'ancien est cassé et "non réparable". Entendez par ce diagnostic définitif de l'atelier qu'une réparation coûterait plus cher que l'achat d'un tout neuf. Il nous est donc vivement recommandé (par l'atelier dépendant lui-même d'une grande enseigne de vente d'appareils photos) de renoncer à le faire réparer.

Mon pauvre blog a souffert de ces longues semaines de tergiversation entre mon moi-avide-de-nouveauté-et-persuadé-qu'avec-un-super-appareil-je-deviendrai-forcément-une super-photographe, et mon moi-rabat-joie-euh-je-veux-dire-adepte-de-sobriété-heureuse-qui-voit-bien-qu'elle-est-en-train-de-céder-aux-sirènes-de-la-surconsommation. Sans photo, pas de recette. Et donc pas de blog. Mais, ça y est, j'en ai pris la décision. Ce sera l'achat. Et vous allez voir ce que vous allez voir : C'est sûr, en 2012, je ferai plein de jolies photos qui vous mettront l'eau à la bouche !

Je vous souhaite une année pleine de projets, de cohérence et de contradictions. Je vous souhaite aussi bien sûr, des assiettes colorées, une cuisine lumineuse et un bel appétit.

potimarron au four

En attendant mon nouvel appareil, je vous propose une photo recyclée qui ira comme un gant à la recette d'aujourd'hui : des lamelles de courge butternut rôties au zaatar. Ou comment faire du neuf avec de l'habituel, car j'aime depuis longtemps cuire les courges au four avec un filet d'huile d'olive et des épices chaleureuses. Alors, qu'y a-il de neuf du côté des cucurbitacées de la saison 2011-2012 ? Mon goût de plus en plus affirmé pour deux variétés de courges qui se rapprochent par leur taille, leur forme et leur chair dense et sucrée. J'ai nommé la butternut et la sucrine du Berry. A mes yeux, elles surpassent même le potimarron en suavité.

butternut

La courge butternut a une la peau lisse et dure, d'une couleur beige pâle homogène. De forme allongée, avec une extrémité un peu plus renflée là où sont cachées les graines.

A l'intérieur, la chair est d'un orange vif et bien serrée. J'en coupe en général une rondelle après l'autre dans la longueur, pour la garder au frais une fois entamée en minimisant la surface en contact avec l'air. Et comme une seule courge fournit une quantité généreuse de chair, je prépare plusieurs fois cette recette, en y apportant juste de petites variations le choix des épices ou dans les accompagnements dans l'assiette.

sucrine

La courge sucrine du Berry lui ressemble comme une soeur. Les deux variétés appartiennent d'ailleurs à la même espèce : la courge musquée.

Il semblerait qu'elle soit un peu moins connue et répandue. Peut-être m'est-elle familière parce que je n'habite pas très loin du Berry ? Vous qui habitez dans le sud, en trouvez-vous aussi ?

La sucrine du Berry a des formes plus féminines et une peau souvent marbrée de vert, qui prend une teinte orangée au cours de la maturation (ou de sa conservation en cave en hiver). Il me semble qu'elle est un peu plus courte que la butternut, mais mon potager est loin d'être une bonne référence quant à la taille que sont censés avoir les légumes...

Je l'utilise de la même façon que la butternut : au four, en velouté ou même en tarte et en confiture. C'est la courge tout usage qui ne déçoit jamais... parce qu'elle se conserve sans histoire et surtout, qu'elle a du goût !



Pour un légume pour 4 personnes, il faut :

- une rondelle de courge de courge butternut (ou sucrine du Berry), d'environ 400 g

- 1 c. à s. de zaatar

- de l'huile d'olive


Eplucher la courge et retirer les graines éventuelles. La couper en lamelles régulières de quelques millimètres d'épaisseur.

Ne vous fiez pas à ma vieille photo : c'était du potimarron, dont la peau devient souple à la cuisson ! La butternut, je préfère l'éplucher.

Dans un plat à gratin, arroser la courge d'un filet d'huile d'olive et mélanger avec les mains, pour enduire les morceaux et le fond du plat d'un peu d'huile. Saupoudrer de zaatar. Enfourner pour 25 minutes environ à 180 °C, jusqu'à ce que les bords des morceaux de courge commencent à dorer et que la chair soit bien fondante.

Servir avec d'autres couleurs dans l'assiette : le vert d'une salade de chou, le doré de pommes de terre ou d'un couscous complet, le brun d'un petit ragoût de lentilles...

C'est quoi ça le zaatar ?

C'est un mélange d'épices libanais, composé principalement de sumac (les baies d'une variété comestible de cet arbuste), de thym, de sel et de sésame. Le mélange que j'utilise en ce moment a été préparé par Florence Pomana dans une version provençale et sauvage de sa composition. Si ma mémoire est bonne, elle a remplacé le sumac par du calament. Elle le propose sur les marchés de Tours ou sur son blog Le paradis, c'est ici.

On trouve aussi facilement le zaatar ou du sumac dans les épiceries orientales, les épiceries fines et dans les magasins Artisans du monde.


Que faire d'autre avec du zaatar ?

Chez nous, ce mélange est encore plus aimé que le gomasio. Lorsqu'il n'est pas trop salé, je l'utilise comme me l'a montré un ami marseillais et libanais : mélangé en pâte avec de l'huile d'olive, puis tartiné sur une pâte à pizza et enfourné à four très chaud. Un délice à découper en petit morceaux, qui attire instantanément toute la maisonnée à l'heure de l'apéro. Mais on peut aussi en tartiner des tranches de pain à passer au four, pour aller plus vite. Ou le mélanger à des graines rôties à l'apéro, en saupoudrer sur les salades, etc.

Par quoi remplacer le zaatar sur la butternut ?

Une version tout aussi éprouvée de la courge rôtie est relevée de cumin, coriandre et gingembre. Un mélange indien façon garam massala est parfait.