11 juin 2011

Le chirashizushi de Hiroko

Cela fait plus de six mois maintenant que je suis les cours de cuisine japonaise de Hiroko Queniot. Ces séances d'initiation à la cuisine et à la culture culinaire du Japon résonnent avec l'actualité la plus malheureuse, mais aussi avec mon petit monde personnel, peuplé de shitaké, d'algues, de Pokemon (à mon corps défendant) et de mangas magnifiques.

Elles me font aussi insensiblement évoluer, en renforçant encore mon goût pour le sucre dans les plats salés, par exemple. Petit à petit, je crois éduquer mon palais à de nouvelles nuances et à un usage plus subtils de la sauce soja, de l'acide et du sucré. Et peut-être enfin apprivoiser mes gestes maladroits et ma concentration, autour de la découpe des légumes, du maniement des baguettes, de la cuisson du riz et d'une série de petits détails que je néglige souvent avec ma désinvolture coutumière en cuisine.

chirashizushi

Je vous propose ici la recette d'Hiroko (sans doute un peu simplifiée à ma sauce) pour le chirashizushi (prononcer "tchirachizuchi"). Elle est parfaitement à l'image de ce que je retiens pour l'instant de la cuisine japonaise : sucré, salé, vinaigré, umami cotoient des légumes à peine décrudis ; Des ingrédients typiques (algues, sauce soja, riz rond, graines de sésame, shitaké, gingembre) qui m'étaient déjà familiers mais que je découvre tout à coup sous un nouveau jour ; Bref, un ensemble d'ingrédients cuisinés très simplement et arrangés avec gaieté dans un plat qui fait l'unanimité, malgré la présence que ces petites bizarreries.

"Chirashizushi" ? Si vous vous risquez à le prononcer, cela devrait vous rappeler quelque chose... Mais oui, le chirashizushi est bien un sushi, c'est-à-dire du riz vinaigré. Au lieu d'être présenté sous forme de nigiri ou de maki (dont la préparation est généralement réservé aux cuisiniers professionnels au Japon), il est présenté ici "en vrac", destructuré. Tous les ingrédients habituels du sushi y sont, joliment éparpillés dans un grand plat rond en bois. Si bien que sa préparation est accessible à tous les cuisiniers amateurs.

Ne vous laissez pas décourager par la longueur des explications : c'est inévitable lorsqu'il s'agit d'ingrédients que l'on connaît peu. Cette recette est vraiment facile à préparer, même s'il vaut mieux avoir un peu de temps devant soi pour en dérouler tranquillement toutes les étapes. Je dirais une heure environ. Ca vous va ? Si vous êtes prêts, à vos shitakés !


Je donne les proportions pour 4 personnes.

1/ A préparer deux jours à l'avance : le gingembre au vinaigre

  • 100 g de gingembre frais
  • 1/2 verre de vinaigre
  • 1/2 verre de sucre
  • 1 c.à c. de sel

Epluchez le gingembre et coupez-le en rondelles. Plongez-le une minute dans l'eau bouillante pour le blanchir, puis égoutez-le.

Chauffez le vinaigre avec le sucre et le sel pour les faire fondre. Versez le vinaigre sur le gingembre, dans un petit bocal. Placez le bocal au frais lorsqu'il a refroidi. Attendez deux jours en remuant de temps à autres.

On peut aussi trouver ce condiment tout prêt dans les épiceries asiatiques. On peut aussi ajouter un petit morceau de betterave dans le vinaigre, pour obtenir la couleur rose habituelle du gingembre japonais.

2/ Le riz vinaigré

  • 3 verres de riz rond (Camargue, Italie ou riz à sushi)
  • 4 verres d'eau non salée
  • 1/2 verre de vinaigre de riz (que je remplace par du vinaigre de cidre ou de miel)
  • 2 c. à s. de sucre
  • 1 c. à s. de sel

Lavez plusieurs fois le riz pour éliminer l'excédent d'amidon. Versez le riz dans une casserole à fond épais avec 4 verres d'eau. Laissez tremper au moins une heure. Couvrez et portez sur feu doux pendant 10 minutes. Poursuivez la cuisson 10 minutes hors du feu, sans ouvrir le couvercle (Ayez confiance...).

Faites chauffer le vinaigre dans une petite casserole, avec le sucre. Mélangez jusqu'à ce que le sucre ait fondu. Versez-le sur le riz, puis ventilez le riz pendant quelques minutes pour qu'il reste brillant !

Je n'ai pas d'éventail japonais, alors j'ai agité un couvercle au-dessus de la casserole et allumé la hotte !

3/ Pendant ce temps-là : les shitakés et les légumes

  • 1 tronçon de kombu breton (au rayon algues sèches des magasins bio)
  • 10 shitakés frais (ou bien des shitakés séchés et réhydratés) : champignons parfumés (lentinula edodes)
  • 1/2 verre de sauce soja brune (shoyu en magasin bio)
  • 2 c. à s. de sucre
  • 2 c. à s. de vinaigre de riz (ou de vinaigre de cidre)
  • 2 poignées de petits pois à écosser
  • 3 carottes

Coupez le kombu en petits morceaux et les shitakés en lamelles. Cuisez les avec 1/2 verre de jus de trempage des shitakés (si vous les avez réhydratés, sinon de l'eau), la sauce soja, le sucre et le vinaigre. Laissez mijoter au moins 15 minutes.

Pendant ce temps, écossez les petits pois et coupez les carottes en fines lamelles. Plongez les légumes une minute dans l'eau bouillante, puis égouttez-les. Lorsque les shitakés ont cuit, ajoutez les légumes à leur casserole, hors du feu. Mélangez bien avec la sauce.

4/ Et l'omelette fine

  • 5 oeufs
  • 1 c. à s. de fécule
  • 1 c. à s. de sucre
  • 1 c. à c. de sel

En principe, il faut aussi 3 c. à s. de mirin, du vin de riz très doux. Comme je n'en ai pas, je m'en passe et le remplace par de l'eau.

Battez les oeufs avec les autres ingrédients.

Chauffez une poêle légèrement huilée. Versez une louchée d'oeufs et étalez en une fine crêpe. Retournez la crêpe avant que le dessous colore, pour cuire l'autre face. Déposez l'omelette sur un plat pour poursuivre la cuisson, jusqu'à épuisement des oeufs.

5/ Enfin, le montage :

  • 1 avocat
  • 1 poignée de graines de sésame
  • 1/2 feuille de nori à sushi

Dans un grand plat rond, disposez le riz vinaigré. Déposez les légumes et les shitakés égouttés. Ajoutez l'avocat coupé en lamelles. Découpez de fines languettes d'omelette et répartissez-les sur le plat. Ajoutez un peu de gingembre vinaigré.

Ecrasez le sésame au pilon et réservez-le dans un petit bol. Avec une paire de ciseaux, découper de fines bandes de nori (d'1 mm de largeur environ). Déposez-les dans un autre petit récipient sur la table. Les convives se serviront de sésame et de nori pour décorer leur assiette. Mieux vaut éviter d'en saupoudrer le grand plat, car ces ingrédients risqueraient de ramollir au contact du riz.

 

 

Posté par blogbio à 15:09 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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Commentaires sur Le chirashizushi de Hiroko

    Six mois de cours de cuisine japonaise, quelle chance, j'adorerais cela. Superbe salade déstructurée et tellement appétissante.

    Posté par boljo, 11 juin 2011 à 22:21 | | Répondre
  • Bonjour,
    Je suis heureuse de retrouver une nouvelle recette...Je pensais que vous aviez disparu. Le résultat de vos cours est magnifique. Quelle chance de faire ces cours de cuisine.

    Posté par Christel, 12 juin 2011 à 10:08 | | Répondre
  • très élaboré!

    Quel bonheur de bous lire à nouveau!
    La cuisine japonaise est très élaborée à ce que je vois rien qu'en lisant votre première recette...Je ne sais pas si je me lancerai un jour!A bientôt.
    MC

    Posté par Marie-Christine, 12 juin 2011 à 21:08 | | Répondre
  • Miam la cuisine japonaise!

    C'est juste très très très très beau!! autant que ça a l'air très très très très bon!! Mais un peu long à préparer peut être, fastidieux tout comme la préparation des sushis dont je deviens une inconditionnelle... Quand une envie de sushis me vient, deux options : soit j'ai trois heures devant moi, soit je vais au meilleur traiteur japonais que je connaisse... Ceci dit, tu m'as mis l'eau à la bouche donc quand j'aurais 3 heures devant moi...

    Posté par Nami no hana, 13 juin 2011 à 02:14 | | Répondre
  • C'est un véritable voyage que tu nous proposes, c'est super! Merci, j'ai très envie de partir avec ce plat!

    Posté par Mlle Pigut, 13 juin 2011 à 10:10 | | Répondre
  • Pas de panique

    Mais non, ce n'est pas si long ni si compliqué !

    C'est juste : du riz + une omelette + des légumes cuits très rapidement.

    Quand je parlais d'une heure de préparatifs, c'est en prenant vraiment son temps. Bien sûr, c'est un petit peu plus long que les préparatifs que je consacre quotidiennement aux repas, mais il me semble que ça reste tout à fait faisable. Rien de difficile ni de bien long dans cette recette. Ni même d'ingrédients difficiles à trouver. Tout est dans la succession de petites étapes très simples. Et le résultat fournit tout le repas, sans besoin de préparer d'autres plats. Essayez, vous verrez !

    Posté par Anne de Blogbio, 13 juin 2011 à 10:55 | | Répondre
  • Convaincue!

    Oui, tu as raison, c'est un peu comme faire un riz cantonnais maison, c'est plusieurs cuissons de plusieurs ingrédients mais tout en même temps... Je l'avais moins vu ainsi mais tu m'as convaincue!! Mais je pense qu'un bon état d'esprit et être bien installé calmement pour le faire de rigueur pour rester dans l'esprit En tout cas, j'ai hâte de voir les prochaines! Merci!

    Posté par Nami no hana, 13 juin 2011 à 14:56 | | Répondre
  • méthode et patience!

    Au fond c'est comme lorsque je me lance dans les cornes de gazelles, je dis toujours que c'est facile et c'est vrai! il faut ces bonnes 3 heures devant soi et envie de faire plaisir à quelqu'un...et dernièrement en les faisant j'ai même fait des photos pour expliquer les séquences de préparation...donc 3h30 et un projet de classer toutes mes recettes avec des images!
    Encore merci d'être réapparue!!!
    MC

    Posté par Marie-Christine, 13 juin 2011 à 16:51 | | Répondre
  • Bonsoir Anne

    Nous commencions à nous inquiéter de ce "silence-blog" Nous voilà rassurés et admiratifs.Bravo et bonne continuation. Mamino et papimi

    Posté par mamino, 13 juin 2011 à 22:48 | | Répondre
  • Cela fait longtemps que je n'ai pas préparé de plats japonais parce que je suis à court d'ingrédients ! Il faut vraiment que je passe chez Kioko me réapprovisionner pour tester cette recette

    Posté par Coralie, 20 juin 2011 à 12:56 | | Répondre
  • mmm.... je me régale d'avance!!! je le rajoute à ma liste de recettes à tester

    Posté par ivoirebene83, 01 août 2011 à 21:04 | | Répondre
  • C'est très beau

    Je viens de recevoir un livre en anglais nommé Kansha (de E. Andoh) sur la cuisine végé/vegan japonaise. Il est magnifique et le contenu pourrait te plaire... Mais de vrais cours, c'est la panacée ! Merci de partager cette recette nippone toute en subtilité.

    Posté par BiÔna, 21 septembre 2011 à 00:04 | | Répondre
  • E. Andoh

    Je connais cette auteure grâce à son site et à sa newsletter, toujours très intéressante. Un de ces jours, j'achèterais sans doute son livre, ton commentaire me le confirme. Merci BiÔna.

    Posté par Anne de Blogbio, 21 septembre 2011 à 19:44 | | Répondre
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