Confiture de cynorrhodons
Non, il n'y a pas de faute : ce mot impossible à écrire accepte deux orthographes, "cynorhodon" ou "cynorrhodon". Comme ça, je n'ai pas consulté le dictionnaire pour rien !
Premier week-end de janvier, la galette des rois à peine digérée. Un rayon de soleil vient égayer le bref dégel : hop, une petite sortie en famille. Mais il nous faut vite trouver une activité à proposer aux enfants qui, à peine descendus de la voiture, ne veulent déjà plus avancer... C'est un petit coin que j'ai repéré les années précédentes. Quel heureux hasard : une main d'œuvre gratuite et enthousiaste (ou presque), à enrôler juste au bon endroit et à la bonne saison pour la cueillette des cynorrhodons.
C'est que les cynorhodons, c'est coton : il ne suffit pas d'en cueillir une poignée sans se piquer ni les sucer avant de rentrer chez soi (c'est à peu près tout ce que j'avais réussi à faire ces dernières années). Je me souviens de mes piteux premiers essais de confiture, avec juste assez de fruits pour en fabriquer une demi-cuillerée. Mais 2010 a commencé sérieusement : cette fois-ci, nous en avons cueilli deux kilos. Les enfants avaient d'ailleurs décroché depuis un petit moment. Ils avaient trouvé une occupation autrement plus passionnante à base de flaques de boue et de blocs de glace...
Après la cueillette, le plus aventureux reste à faire : c'est la confiture de cynorhodons !
Nous avons eu quelques malheurs avec cette confiture : échec cuisant de l'étamine à confitures ; tamis qui craque en cours de route ; et même, un vilain coup de jus de la part de mon extracteur de jus. Ouf, quand tout a été rangé et nettoyé, j'ai trouvé que cette confiture était tout à fait délicieuse. Peut-être simplement le bon goût du projet abouti. Mais aussi une saveur à peine acidulée, qui me rappelle à la fois la crème de pruneau et la crème de marron. Mmmmh !
Pour 3 pots de confiture, il faut :
2 kilos de cynorrhodons
environ 700 g de sucre de canne blond
1 passoire ou un tamis à mailles fines
J'ai donc renoncé à simplifier la recette : étamine et extracteur de jus n'ont rien donné de valable. Et je m'en suis remise à la "marmelade de baies d'églantier" trouvée dans ma bible, l'inusable Conserves familiales, de Henriette Lasnet de Lanty (Flammarion, 1965).
Et voici, à peu près, ce qu'elle préconise :
Ôter le pédoncule et la petite partie noire des fruits.
Mettre les fruits dans la bassine à confiture, dans un grand volume d'eau froide. Porter à ébullition, puis laisser cuire doucement 45 minutes sur le feu le plus doux de la cuisinière.
Passer les fruits à travers une tamis (A défaut de tamis de crin, j'ai utilisé deux passoires métalliques successivement, l'une à mailles moyennes et la suivante à mailles très fines).
Diluer un peu la pulpe avec le jus de cuisson. Peser la pulpe obtenue et ajouter 600 g de sucre par kilo. Faire cuire trente minutes à très petit feu. Mettre en pot sans attendre.
Commentaires sur Confiture de cynorrhodons
C'est vrai que c'est coton à faire cette confiture...je sais de quoi je parle...Bisous
Un vrai délice, une de mes confitures préférées.J'habitais à la montagne dans les Pyrénées Orientales et aux premières gelées je cueillais les cynorrhodons (griffures et piqures assurés).Je faisais cuire en recouvrant d'eau puis je passais le tout au moulin à légumes (le plus dur pour moi) en rajoutant un peu d'eau de cuisson puis au tamis car il y a rien que je déteste le plus c'est de me retrouver avec quelques poils sur la langue. Je mettais plus de sucre, 800g pour 1kg de pulpe et je la faisais cuire presqu'une heure. J'ai gardé des pots des années mais comme j'ai changé de région je n'en fais plus et c'est bien dommage. C'est une confiture qui ce mérite un peu comme celle de châtaigne car on y passe du temps mais aussi quel résultat.
et je peux vous dire qu'elle a été appréciée en Savoie parce qu'un pot arrivé jusqu'ici est presque vide. Je sais trop bien le travail que donne sa préparation et je suis (presque!) confuse de savoir que Anne nous a donné un des 3 pots...mais c'est si bon et plein de vitamine C.
Merci à chacun et chacune des cueilleurs et à la cueilleuse pour ce joli et bon cadeau.
en Provence nous appelons ça des gratte-cul !!!
Quel travail ! Moi je me fournis chez ma maman !
Anne
ils étaient déjà si moches avant les gelées et après la sècheresse estivale que je n'ai aucune chance d'en faire cette année
Quelle aventure ! LOL.
Dis moi, toi qui t'y connais en lait végétaux : J'envisage d'acheter une soyabella pour faire du lait de soja qui servirait à faire mes yaourts. Or j'ai lu sur des forums que certains n'arrivent pas à faire leurs yaourts avec du lait de soja maison.
Est ce que c'est vrai ? comment y remédier ?
Merci si tu as une idée sur la question.
Bizzz
Ma mère en a fait l'année dernière. Elle les avait mis dans des minis pots car il n'y en avait pas beaucoup.
Je sais que c'est plein de vitamines C.
Il faut attendre que les fruits aient gelés pour les cueillir ?
Merci
Bonjour La fourmi qui fait bizzz,
tout d'abord, je n'ai pas de machine, donc je ne peux pas parler d'expérience.
En revanche, depuis la parution de mon livre sur les laits végétaux en 2008, j'ai reçu un certain nombre de mails de personnes qui utilisent des machines : ils font du lait de soja avec leur machine (de cette marque ou d'une autre, ça ne m'était pas toujours précisé) et n'arrivent pas à fabriquer leur tofu ou leurs yaourts avec.
Pour le tofu, je dois dire que j'ai déjà eu quelques ratés mémorables avec mon lait de soja fait dans une casserole. Donc difficile de tirer une conclusion.
Mais pour les yaourts, ça m'a plutôt surprise, parce que mes yaourts ont toujours pris avec une grande facilité, au point que je les trouve même parfois trop fermes !
A chaque fois, j'ai suggéré à mes interlocuteurs de refaire des tests en "densifiant" le lait : en augmentant la part de soja ou en diminuant celle d'eau. Malheureusement, je n'ai pas encore reçu de courrier m'indiquant que cette piste avait fonctionné. Je n'avais pas pensé aux forums (je n'y vais presque jamais, ah, les habitudes...). Je vais aller y faire un tour pour peut-être y trouver une autre solution.
J'ai toujours entendu conseiller de récolter les cynorrhodons après le début des gelées, pour qu'ils deviennent mous voire blets.
Pourquoi ? je dois dire que je n'en sais rien. Je n'ai jamais entendu qu'il ne fallait PAS les cueillir avant, en tout cas. Je me souviens d'un été où nous mangions des baies de rosa rugosa... en août !
Une règle que je m'applique sans avoir fait le "blind test" confiture "d'avant la gelée" contre confiture "d'après la gelée". Il faut dire que ça me plaît, qu'il reste quelques fruits et légumes qui sont bons au plus froid de l'hiver. On dit par exemple que les panais sont meilleurs (plus sucrés) lorsqu'ils ont subi une gelée.
on ne devrait pas parler du mal qu'on s'est donné pour faire un cadeau !
Mamino, puisque nous en sommes là, je précise que l'équipe de cueilleurs comprenait aussi ma maman, qui a vaillamment cueilli et même sacrifié son bonnet pour porter la récolte.
Je vous embrasse.
j'adore la confiture d'églantine que fait ma maman, bon elle triche un peu, elle achète de la pulpe d'églantine toute faite... mais c'est trop bon quand même...
Merci Anne pour ta réponse.
Je viens de faire du lait (ma cuisine est en chantier) (sans machine) Pour voir si déja comme ça ça fonctionne pour les yaourts. (Si j'avais lu ta réponse avant, ça m'aurais évité cette étape, bien fait pour moi !)
Je pense que je vais prendre le risque d'acheter la machine, parce que je trouve ça vraiment laborieux de le faire à la main. Je te tiendrais au courant !
bizzz ![]()
et bien moi je me suis loupé cette année, et j'en suis bien déconfite !
Bonjour,Anne,enchantée.
Je m'appelle rieneko et je suis japonaise.
Ça fait un peu plus d'un an que j'habite à Tours et j'ai trouvé votre blog juste avant de déménager en cherchant sur google "bio, Tours".
Donc ça fait un peu plus d'un an que je lis votre blog et grâce à vous,je sais où acheter les produits bio à Tours.![]()
Je découvre beaucoup de chose grâce à vous et ça me fait vraiment très plaisir.
Cette confiture de cynorrhodons m'intéresse beaucoup.
J'ai déjà vu ces jolies fruits dans le bois,mais j'étais loin de penser que c'étaient comestible.
Le goût ressemble à quelque chose? comme celui de groseilles?
Je suis allée voté au site de nouvel logo bio.
et j'ai bien hâte de savoir le résultat![]()
Amicalement,
rieneko
Vous avez bien écrit que la saveur rappelle à la fois la crème de pruneau et la crème de marron...
Mmmm,je suis bien curieuse.
Je ne connais pas du tout et serais curieuse de goûter … bonne soitée
Cette délicieuse se mérite! tu me donnes envie d' en refaire !
En Suède, ils vendent un farine de cynorrhodon (bio ou pas bio, comme on veut). Incorporée dans des pâtes à pain ou délayée pour une soupe sucrée, cette farine est excellente... Et nul besoin de se frotter aux poils à gratter. Il parait que l'on peut aussi en faire une gelée, mais je n'ai jamais essayé. Pour une autre fois...
je tombe par hasard sur votre blog et je le trouve très bien.
que de bonnes recettes.
je ne connais pas du tout ce fruit, en région parisienne je ne sais pas si il y en a.
la confiture de mures , j'adore.
a bientot.
coralie
Bonjour!
Pourquoi attendre que les cynorhodons aient gelé avant d'en faire de la confiture?
Parce que le gel transforme l'amidon contenu dans les fruits en sucre, par fermentation, appelée aussi blettissement.
Idem pour d'autres fruits sauvages comme les prunelles, les nèfles, les cormes.
Solution de remplacement: stocker votre récolte au congélateur, puis laisser dégeler...
Si comme moi vous habitez une région où l'on n'a pas forcément de gel tous les ans, vous pouvez aussi les faire passer une nuit au congelateur!
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