Pour finir en beauté la saison, j'ai acheté mes dernières tomates en caisses entières...

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Contrairement au projet que j'avais formé avec Yaël, je n'ai pas organisé de journée "Fête de la tomate". J'ai plutôt opté pour des petites quantités que dont nous nous sommes occupés tranquillement à deux, en prenant tout notre temps.

Il faut dire que je me suis décidée un peu tard. Moi qui adore les tomates de fin septembre-début octobre, j'ai vraiment eu l'impression d'acheter les dernières tomates de Touraine. Pour finir, j'ai quand même pu trouver deux fois 7 kilos, qui nous ont occupés deux fins de soirée et deux débuts de matinée : le soir, pour cuire et mouliner le coulis. Le matin, pour stériliser les bocaux, cuisiner le ketchup et stériliser encore, les pots de ketchup cette fois. Ambiance détendue. Je me suis sentie plus à l'aise avec ces petites quantités : moins peur de gâcher que si j'avais acheté une plus grande quantité.

Le chutney m'avait donné du fil à retordre les années précédentes. Je crois qu'il me faudra aussi plusieurs années pour maîtriser la technique du coulis de tomate... Voici les petits points qu'une débutante en conserves aimerait se rappeler l'année prochaine :

  • J'avais emprunté un moulin à légumes manuel, qui permet de mixer le coulis tout en écartant la peau des tomates et les pépins. Simple d'utilisation et efficace. La bonne vieille méthode, donc. Je n'ai pas osé utiliser mon extracteur de jus avec un liquide aussi chaud. A essayer une autre fois sur une petite quantité.
        
  • Je n'ai pas voulu laisser le coulis cuire des heures pour que l'eau des tomates s'évapore et que la sauce se concentre. La patience, ce n'est toujours pas mon fort.
    Et puis, j'avais l'impression de gaspiller du temps et du gaz. Alors, j'ai un peu triché-improvisé, et je ne le regrette pas. Après 40 minutes de cuisson des tomates, j'ai filtré une partie du jus (un litre et demi environ pour 5 kg de tomates) avant de passer le reste au moulin. Résultat : d'un côté un coulis au goût peu cuit, qu'il faudra laisser se concentrer avec les autres ingrédients quand je préparerai mes sauces tomates cet hiver. De l'autre une belle quantité de jus de tomate, dans lequel j'ai fait cuire des mini-pâtes à l'étouffée, pour un gratin super-délicieux.
       
  • Pour stériliser les bocaux remplis, il faut selon les ouvrages de ma bibliothèque compter une demi-heure d'ébullition. Ne pas oublier de vider un peu d'eau du couscoussier après avoir ébouillanté les bocaux vides. Une fois pleins et fermés, ils prennent beaucoup plus de place et l'eau risquerait de déborder ! Et les auteurs qui précisent "vérifiez que les bocaux sont bien fermés", ce n'est pas pour rien...
       
  • A l'avenir, me rappeler de goûter le piment en poudre AVANT de le doser, quand j'achète une nouvelle marque que je ne connais pas... Mais je crois que je ne suis pas près d'oublier mon ketchup extra hot !

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Alors... verdict ?

Est-ce écologique ?

Les points positifs : j'ai pu mélanger plusieurs variétés de tomates, grâce aux variétés anciennes des Jardins de contrat (pas les tomates de la photo, qui venaient d'un autre maraîcher). Ce sont des tomates cultivées à moins de 30 km de chez moi, alors que le coulis de tomates bio industriel que j'ai l'habitude d'acheter vient d'Italie.

J'ai bien sûr réutilisé des pots à confiture qui trainaient dans mes placards, donc je n'ai pas acheté de nouvel emballage (hormis une cagette pour ma première livraison de tomates).

Le gros point d'interrogation, c'est l'énergie. Je suis convaincue que j'ai utilisé beaucoup trop de gaz (pour la cuisson et la stérilisation) et qu'une usine serait plus efficace sur ce point, si l'on rapporte aux quantités produites... Quelqu'un m'a récemment parlé de stériliser les bocaux de confiture avec une marmite norvégienne. Moi qui croyais qu'il fallait impérativement 100° C. L'un d'entre vous a-t-il déjà essayé ?

Est-ce économique ?

En ce début d'automne, j'ai plutôt cherché des tomates encore disponibles qu'un bon prix. Avec un prix de tomates bio à 2-3 € le kilo, et un rendement d'un demi-litre de coulis pour un kilo de tomate, ça donne un coulis à 5-6 € le kilo. C'est un peu moins cher qu'en magasin, où le coulis de tomate bio vaut entre 6 et 10 € le kilo. Mais pas tellement. Et puis, je ne compte pas le gaz.

Vérification faite ce matin à Biocoop : entre 3 et 4 € le kg le coulis de tomate bio. A ce prix là et sans jardin, impossible de m'aligner !

Est-ce ludique ?

Une fois débarrassée de l'angoisse de gâcher une grande quantité, je me suis bien amusée. Je pensais me brûler ou au moins me tacher. Rien de tout ça. Et je suis bien sûr fière d'avoir rempli mon placard de coulis de tomate maison.

Est-ce bon ?

Vous l'avez compris, j'ai raté mon ketchup. Il est trop piquant. Mais utilisé à dose homéopathique sur le coin de l'assiette, il fera un bon condiment. Je l'ai préparé avec des pommes, des herbes aromatiques, du vinaigre de cidre, du sucre (...et du piment) et c'est (presque) délicieux.

Quant au coulis, il est plus banal. Ni salé ni épicé, il lui faudra encore passer dans une casserole avant de devenir une bonne sauce tomates. Assez bizarrement, je me réjouis du long plaisir tranquille que j'aurais encore à l'accommoder avec nos pâtes et pizza des prochains mois...

Et maintenant...
que les experts en coulis de tomate domestique s'expriment librement dans les commentaires, je leur serai très reconnaissante !